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SeneRap: les collaborations avec des mc's etrangers Par Alpha Dia Le hip hop, c’est bien connu, est une grande famille mondiale. C’est sans doute cet esprit de famille qui a facilité (et qui continue de faciliter) les collaborations internationales entre MC’s des quatre coins du monde. C’est ce qui explique depuis quelques années maintenant, des rappeurs venus d’Amérique, d’Europe et d’Afrique n’aient pas hésité à confronter leurs rimes avec celles leurs homologues sénégalais, affirmant du même coup une appartenance à une culture commune, celle qui fait du hip hop un des phénomènes musicaux majeurs de cette fin du siècle. Commençons par les Américains (A tout seigneur, tout honneur !) : ont ainsi participé à l’album NewYork-Paris-Dakar -(1997) de PBS de nombreux américains, dont KRS-ONE (sans doute un des rappeurs les plus actifs depuis l’émergence du hip hop sur la scène US puis internationale), Supernatural (le roi du freestyle, bien connu par tous ceux qui s’intéressent de près au hip hop), la soul-woman Vinia Mojica (qui a par ailleurs activement participé aux deux albums du groupe français Alliance Ethnic), et Djinji Brown (MC de l’underground new-yorkais). Quant à Biddew bou bès, ils ont bénéficié de la participation de Wyclef (from the fu’gees), sur un titre de leur album. Une autre participation, certes moins prestigieuse, est à mettre à l’actif de MC Lida, lequel a bénéficié de la collaboration de Roadney Jackson (plus connu sous le nom de Turbo, qui était le sien lors du film «Break street 1984, un des premiers films sur la culture hip hop). La Jamaïque n’est elle aussi pas en reste, Patra ayant participé au dernier album de Daara J (Xalima ). La rencontre a eu lieu à Dakar, lors d’un festival reggae, auquel participaient Patra et Daara J. Ce fut paraît-il un coup de foudre réciproque, et c’est bien naturellement que la décision fut prise d’aller faire un tour en studio pour immortaliser la rencontre. Il paraîtrait même, du fait du départ de Patra qui devenait imminent (le lendemain matin), que les prises de voix aient été faites sans riddim… Et c’est seulement quelques mois après, lors de la préparation de Xalima , que les bandes ont été exhumées, pour le résultat que l’on sait (titre Come on get’it ). Avec les rappeurs français, les collaborations ont été par contre beaucoup plus nombreuses. La toute première remonte à 1995, avec la participation de MC Solaar à l’album Salaam de PBS. Entre MC Solaar et le PBS, c’était d’ailleurs l’aboutissement d’une longue relation amicale, d’autant plus que le premier avait beaucoup apporté son soutien aux seconds. La première rencontre avait ici aussi eu lieu à Dakar, lors d’un concert du rappeur français dont la première partie était justement assurée par Didier Awady et Doug E Tee. Nous étions en 1992, et MC Solaar dira lui même qu’il avait été rarement été autant impressionné que par la prestation scénique de PBS ce jour là. C’est ainsi que les MC’s dakarois furent invités à assurer la première partie de la tournée européenne de MC Solaar, et c’est de cette façon que commença la saga PBS à l’étranger. Par la suite, c’est K-Mel (d’Alliance Ethnic), Manu Key (Different Teep) et Démocrate D qui allaient être mis à contribution lors de l’album New York-Paris-Dakar . La dernière collaboration enregistrée par le PBS remonte à 1998 (album Wakh feign ), avec la participation de Ben J (des Neg’Marrons, et qui est aussi membre du collectif Bisso na bisso). Le même Ben J que l’on retrouvera la même année dans l’album de Daara J (Xalima ), mais cette fois ci avec son groupe des Neg’Marrons au complet (soit donc avec Jackie et Djamatik). Quant à Faada Freddy de Daara J, il apparaît deux fois cette année avec le groupe de La Brigade. D’abord dans l’album de ce dernier crew (titre La Yerpri ), puis dans un single inédit (avec également le concours de Pierpoljak), en fait une reprise du tube d’Alpha Blondy Opération coup de poing . Dans plusieurs de leurs interviews, les membres de La Brigade ne cessent de tarir d’éloges sur Faada Freddy, annonçant même de futures autres collaborations.
Quant aux autres collaborations avec des rappeurs français, elles sont à mettre à l’actif de P. Froiss avec Siaka du groupe Positif (album Affair bou graw -1997), Section K’d’As (1999) avec Nakk Mendoza (du groupe Soldafada) et Akamieda, et enfin Kanthiolis, groupe bien connu de l’underground dakarois, qui a participé à la mix-tape d’un des plus sûrs espoirs du rap français, Oxmo Puccimo («Batiment B -1999). Ce qui paraîtra étrange par contre, c’est la faiblesse des collaborations entre les rappeurs sénégalais et leurs homologues des autres pays africains. Ici encore, PBS apparaîtra comme un pionnier, ayant été à l’origine du seul exemple connu : en effet, est établi un axe Dakar-Abidjan sur le titre Intégration (album NewYork-Paris-Dakar -1997) avec la présence de RAS et Angelo, véritables piliers du rap ivoirien. Une collaboration a également été annoncée entre PBS et Prophet of da City (Afrique du sud) depuis plus d’un an, mais à ce jour, le résultat ne nous est pas encore parvenu. La raison pour laquelle les collaborations rapologiques restent faibles entre les MC’s sénégalais et ceux des autres pays africains est certainement à chercher dans le fait que la diffusion de la musique, fut-elle celle du hip hop, est un phénomène essentiellement économique. Même si Positive Black Soul s’est offert plusieurs tournées africaines, il n’en demeure pas moins exact que les échanges musicaux restent faibles en Afrique, et sans doute est-ce cela qui justifie la faiblesse des collaborations musicales entre MC’s africains. On peut également rappeler que bien des featuring naissent d’abord de rencontres sur scènes ou backstage , et peut être donc que ce qui fait ici défaut, ce sont les lieux de rencontres. On peut donc prévoir que le jour où de tels lieux de rencontre seront multipliés (festivals, tournées, etc.), cela se ressentira en terme de collaborations artistiques et discographiques beaucoup plus importantes qu’elles ne le sont aujourd’hui. Pour finir, on peut signaler la participation de PBS à l’album Fo Deuk (1998) du grand jazzmen américain David Murray. Certes il ne s’agit pas à proprement parler d’un disque de rap, mais cela n’enlève rien à la qualité de cette collaboration. En fait, l’album est une sorte de jam session, réalisée à Dakar, avec la participation de musiciens locaux dont Doudou Ndiaye Rose, Tidjane Gueye et son groupe (le dieuf dieul ), Hamet Maal (frère de Baaba Maal). Vers page 4: Les collaborations avec les chanteurs locaux |
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